mercredi 9 novembre 2011

Cours d'introduction


Cours d'introduction à la philosophie




I : Qu'est ce que c'est?

  1. Les idées
  2. Les questions sur les idées


II : À quoi ça sert?

  1. Clarifier les idées
  2. Penser par soi-même
  3. Bien vivre
  4. Comprendre les autres



I : Qu'est ce que c'est?

    1) Les idées

La philosophie est une discipline déroutante, elle parle de tout : de l'art, de la science, de la société, de l'univers, de l'esprit, de la morale, de l'économie, etc. On a l'impression qu'elle ne parle de rien de précis, de tout et de n'importe quoi. Est-ce que la philosophie part dans tout les sens? Regardez les notions au programme :




Quel est précisément l'objet de la philosophie? Pourquoi la philosophie peut-elle parler de tout ça?

Si la philosophie peut parler de tout ça, c'est parce qu'elle ne parle pas des choses concrètes, mais des idées sur les choses concrètes. Elle a donc un objet d'étude précis : elle étudie les idées.

Reprenons le programme :



    - La philosophie étudie l'idée de :
  • Le sujet
    La psychologie étudie la conscience, l'inconscient et le désir

  • La conscience
  • L'inconscient
  • Le désir
  • La culture
    - L'artiste fait de l'art.
    - La sociologie du travail étudie les conditions concrètes de travail dans telle société ou dans telle entreprise...
  • etc...
    Exercice : complétez le tableau

  • L'art
  • Le travail et la technique
  • La religion
  • La raison et le réel
  • La démonstration
  • Le vivant
  • La matière et l'esprit
  • La vérité
  • La politique
  • Société
  • État
  • Justice et droit
  • La morale
  • La liberté
  • Le devoir
  • Le bonheur



    2) Les questions sur les idées

La philosophie ne se contente pas d'avoir ou de donner des idées générales, ce n'est pas une culture que l'on a, c'est une réflexion que l'onfait sur ses idées. Ce n'est donc pas un ensemble de connaissances sur des livres, c'est avant tout une activité de réflexion sur les idées.

Réfléchir, c'est poser une question. Mais toute question n'est pas philosophique : par ex :
  • « Quel temps fait-il aujourd'hui? ». Pour répondre, il suffit de regarder par la fenêtre.
  • Vous êtes en panne et demandez au garagiste « qu'est-ce qui cloche dans ma voiture? », le garagiste va regarder dans le moteur ce qui ne va pas.
  • « La diagonale du carré est-elle proportionnelle à la longueur des côtés? », pour répondre, vous utilisez le théorème de Pythagore.

Maintenant, voici des questions philosophiques (sujet du bac S 2011) : « La culture dénature-t-elle l'homme? », « Peut-on avoir raison contre les faits? »

Qu'est ce qui différencie les questions philosophiques?

Elles portent sur des idées : « culture », « dénaturation », « homme », « raison », « les faits ». Elles ne portent pas directement sur des choses concrètes ou sur des figures. Pour répondre à ces questions, on ne peut donc pas se référer à une fait simple, il faut analyser les idées et raisonner avec.

Voilà une présentation rapide de la philosophie, pour le moment cela est très abstrait, vous comprendrez mieux ce que c'est quand on commencera à en faire!

II : À quoi ça sert?

  1. Clarifier les idées
Elle sert d'abord à comprendre de quoi on parle. Comme vous pouvez le voire dans un sujet comme « La culture dénature-t-elle l'homme? », la philosophie manipule des idées très générales et très obscures. La tâche de la philosophie est de préciser le sens de ces idées. Elle est donc utile dès que les mots posent problème. Dans ces cas là, la philosophie demande « qu'est ce que ça veut dire au juste? ».
Cette clarification des idées est utile pour soi-même, pour les questions qu'on se pose. Par exemple, on peut chercher le bonheur, mais il faut d'abord être au clair sur ce qu'est le bonheur. On voit souvent des hommes d'affaires qui avaient d'abord cherché le bonheur dans l'argent se reconvertir totalement après s'être rendu compte que l'argent ne suffisait pas pour être heureux. Peut-être qu'ils auraient pu le savoir en réfléchissant d'abord sur la notion de bonheur. On entend beaucoup parler de bonheur, mais les définitions sont souvent contradictoires. Est-ce que c'est le plaisir? Est-ce que c'est l'estime de soi? Est-ce que c'est la tranquillité? Est-ce que c'est le pouvoir? Est-ce que c'est la possession matérielle? Il faudra clarifier tout ça, au moins pour nous mettre d'accord avec nous-mêmes.
Mais elle est aussi utile au delà de la pensée personnelle, en politique ou en science. Par exemple, Copernic s'est interrogé sur le concept de mouvement et il a introduit l'idée que nous observons le mouvement selon une perspective, c'est à dire que le mouvement est relatif à la position d'où on l'observe. À partir de là il a pu se dire que le mouvement apparent des étoiles dépend du point de vue d'où on l'observe : autrement-dit, ce ne sont pas les étoiles qui bougent, mais la Terre d'où nous les observons. C'est donc la réflexion sur notre concept de mouvement et la clarification apportée par l'idée de relativité qui a permis à la science d'adopter le système héliocentrique.

  1. Penser par soi-même
La philosophie permet de dépasser les préjugés. Un préjugé est une opinion toute faite que l'on utilise sans y réfléchir. Généralement, nous héritons les préjugés des autres : de nos parents, de nos amis, des chanteurs, des stars de télé, des intellectuels, des hommes politiques... Par exemple, en France : presque tout le monde pense que la monogamie vaut mieux que la polygamie. Souvent nous partageons les idées de notre famille sur la religion, sur la morale ou sur la politique. Ou alors nous nous y opposons, mais nous nous opposons à leurs idées, pas à d'autres. Souvent nous partageons aussi les idées de nos amis ( on est amis parce qu'on pense pareil ). Dans tous ces cas, ces idées viennent de nos rapports avec les autres.
Réfléchir sur ses idées, c'est chercher soi-même des raisons d'y croire. Cette recherche est une libération : nous ne pensons plus les idées qui se sont imposées à nous, nous cherchons les bonnes raisons que nous pouvons trouver nous-mêmes. Selon Kant, exercer sa raison permet ainsi de devenir « majeur », c'est à dire autonome, dépendant de soi-même, alors que sans la raison, nous sommes « mineurs », c'est à dire sous la loi d'une autorité extérieure.

  1. Bien vivre
Il y a beaucoup de chance pour que nos idées influencent nos actes. Cela signifie qu'une même personne qui aurait des idées philosophiques différentes aurait une vie différente. Imaginez une personne A dont la philosophie est que tout ce qui arrive ne peut pas arriver autrement, que tout est écrit quoi que nous fassions. Si A fait un travail qui ne le satisfait pas, il n'essaiera pas d'en chercher un autre, si A a des difficultés amoureuses, il n'essaiera pas de les surmonter, si A vit sous un régime politique injuste, il le subira en disant que c'était écrit. Maintenant imaginez A', c'est exactement la même personne que A, il est né des mêmes parents au même instant et au même endroit, il a les mêmes amis, les mêmes activités, la même psychologie, il a la même vie sur tous les points sauf sur un seul : il n'a pas la même idée quant à la marche du monde. A' pense que ce qui arrive pourrait être autrement, que tout n'est pas écrit. Si A' n'est pas satisfait de son travail, il en cherchera un autre , s'il a des problèmes amoureux, il tentera de les régler, s'il vit sous un système politique injuste, il se battra pour que ça change. Cela montre l'importance que la philosophie a dans une vie humaine et si on portait le regard à l'échelle d'une société et de toutes les croyances partagées par une même société, on verrait encore une philosophie.
Nos idées influencent notre vie, il est donc utile de s'en préoccuper pour bien vivre.


  1. comprendre les autres
Il y a beaucoup d'idées auxquelles nous nous attachons par un lien de sentiment. Je les appellerai les « croyances ». Ce sont des idées que l'on aime ou que l'on hait. Cela signifie que l'on tient à ces idées par un lien affectif, on peut avoir une réaction de colère quand on nous dit : « tous les hommes ne sont pas égaux » ou inversement, une réaction de joie. Certains auront du plaisir à entendre que l'amour donne sens à la vie, d'autres éprouveront une certaine irritation.
Ces réactions affectives peuvent facilement altérer les relations entre les gens : si une personne aime une idée que l'on aime pas, on ne va pas aimer la personne en question. Regardez les conflit politiques du 20e siècle : ils ont souvent été nourris par des idées, c'étaient les conflits du libéralisme et du communisme, du nazisme, du fascisme, etc.
À une échelle plus modeste, genre de conflit éclate dès que l'on ne comprend pas le point de vue de l'autre. On pourrait générer un petit conflit dans cette classe. Je vais vous demander de faire une expérience : notez les croyances suivantes, donnez une note de 1 à 10 si vous aimez l'idée, ou une note de -1 à -10 si vous ne l'aimez pas.

  1. La démocratie est le meilleur régime politique
  2. Pour bien vivre, il faut travailler.
  3. La vérité de la religion est supérieure à la vérité de la science
Vous devez désormais avoir une note. Plus cette note est forte plus vous aimez ou haïssez ces idées et plus il vous est difficile de bien vous entendre avec celui qui a le point de vue contraire. Si au contraire, votre note se rapproche de 0, vous êtes plutôt indifférents à ces idées, mais alors vous n'allez pas avoir envie de comprendre ceux qui aiment ou haïssent les idées, et vous allez en quelque sorte les mépriser.
En réfléchissant sur les idées, la philosophie permet de comprendre les raisons d'y croire. Elle permet donc soit de rejeter les idées auxquelles nous n'avons aucune raison de croire, soit de comprendre les raisons de croire des autres.

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