mardi 10 avril 2012


I. La dissertation


A/ Travail préparatoire


a) L'analyse conceptuelle

Il faut d'abord repérer les concepts qu'il y a dans le sujet et les analyser.

L'analyse conceptuelle consiste en 2 choses :

  1. Définir chaque concept en énonçant les propriétés générales que les choses désignées par le concept ont en commun. Pour cela recherchez les conditions nécessaires (pas de x sans C) et suffisantes (il suffit de C pour x) de l'application du concept.
    Par exemple, une condition nécessaire à la liberté est que l'on agisse par soi même parce que les actes désignés normalement par le concept de « liberté » ne sont jamais ceux où l'on agit sous la contrainte d'une force ou d'une autorité extérieure. La liberté peut donc d'abord être définie comme (def.) le fait d'agir par soi-même. Mais cette première définition doit encore être précisée : que signifie agir par soi-même ? Si notre action ne réalise pas notre intention volontaire, nous ne pouvons pas dire que nous agissons par nous même. On peut donc préciser la première définition de la liberté : (def.) le fait d'agir par soi-même en réalisant une intention volontaire. Mais on peut encore préciser : dans quel cas une intention volontaire est-elle vraiment la nôtre ? Etc.
  2. Distinguer les concepts. Pour préciser le sens d'une concept, il faut le distinguer des concepts dont le sens est proche. Pour cela il faut expliquer ce que deux concepts ont en commun puis ce qui les différencie.
    Par exemple, le concept de liberté est proche de celui de droit, parce que les deux décrivent le fait qu'une action ne soit pas empêchée, mais ce n'est pas la même chose : un droit est une autorisation donnée par une autorité extérieure qui nous permet d'effectuer une action sans contrainte, le droit ne dépend pas de nous-mêmes, tandis que la liberté décrit le fait qu'une action dépende de nous-mêmes en réalisant notre volonté.


b) L'analyse de la question

Il y a plusieurs types de questions qui peuvent être posées sur les concepts : « Peut-on...? », « Doit-on...? », « Pourquoi....? », « Comment...? », « En quel sens...? », etc. Faites bien attention à ces formes interrogatives. Par exemple, si le sujet est de la forme « Peut-on x ? », demandez-vous quelle différence cela fait avec la question « Doit-on x ? » ou avec la question « Pourquoi x ? ».

  1. Trouver une problématique

Pour trouver la problématique, il faut identifier le présupposé du sujet. Un sujet de dissertation est une phrase interrogative qui met une thèse en question, elle présuppose donc que cette thèse qui doit être prise en compte et elle présuppose en même temps qu'elle n'est pas non plus suffisante (sinon elle ne serait pas mise en question) et qu'il faut proposer une autre thèse incompatible.

Par exemple le sujet « Suffit-il de se sentir libre pour être libre ? » met en question la proposition « Il suffit de se sentir libre pour être libre. ». Elle présuppose que le sentiment de liberté est une part importante (peut être nécessaire) de la liberté ou de l'idée que l'on a spontanément de la liberté et le fait que le sujet soit posé sous forme interrogative présuppose en même temps qu'il faut envisager la thèse selon laquelle « il ne suffit pas de se sentir libre pour être libre ».

Une fois que le présupposé du sujet est trouvé, il faut chercher à le comprendre. Les deux thèses qui ont été trouvées doivent être comprises comme deux hypothèses qui permettraient de répondre à la question posée par le sujet. Pour cela il faut comprendre pourquoi les deux hypothèses peuvent être formulées pour répondre à la question. Il ne suffit donc pas de formuler deux phrases qui s'opposent pour avoir une problématique. Il faut trouver les raisons pour lesquelles ces deux hypothèses se confrontent sur la question. Il faut donc que ces deux hypothèses soient justifiées, il faut donc donner un argument fort en faveur de chaque hypothèse. Ces arguments montrent des liens entre les concepts du sujet.


  1. faire un plan
Le plan doit mettre en ordre tous les éléments que vous aurez trouvé lors de l’analyse. Essayez de le faire le plus détaillé possible mais si vous êtes contraint par le temps mettez la priorité sur les éléments de structure : avant tout les transitions et la progression des distinctions conceptuelles.

B/ Réalisation

L'exercice de la dissertation demande de répondre à une question philosophique par une argumentation en deux ou trois parties. Il faut fournir une argumentation « dialectique », c'est à dire une argumentation qui passe par une contradiction. Cela ne signifie pas qu'elle est contradictoire, mais plutôt qu'elle cherche pourquoi les questions philosophiques amènent à plusieurs réponses qui se contredisent.

Il y a trois grandes étapes dans la dissertation : l'introduction, le développement et la conclusion. Chacune de ces étapes constitue un parcours balisé, voici le schéma de ce parcours :

a) Introduction :

1) Accroche

Un exemple, l'analyse d'une opinion ou d'une expression courante qui conduit au problème posé. Essayer d'être le plus pertinent possible, et pour cela partir d'un cas ou d'une observation concrète et intéressante.

2) Reprise des termes du sujet

Parmi les différents sens possibles des termes du sujet, mettre en évidence les sens qui rendent le rapport entre les termes problématique.

3) Reformulation de la question

Il faut s'approprier la question du sujet : garder les concepts et le rapport entre les concepts que la question interroge, mais développer le sens de la question.

  1. Problématiser

La problématique n'est pas la question énoncée par le sujet mais les raisons pour lesquelles on se pose cette question.

Formulez une « aporie », c'est à dire deux hypothèses incompatibles et aussi bien justifiées l'une que l'autre pour répondre à la question. Attention : deux hypothèses seules ne suffisent pas, il faut expliquer les raisons d'avancer ces deux hypothèses. Ces raisons sont basées sur des analyses conceptuelles. Par exemple :

Hypothèse 1 : Il semble qu'il suffise de se sentir libre pour l'être.
Argument 1 : En effet si la liberté consiste à agir par soi même, l'acte libre doit être conforme à notre volonté, or agir conformément à sa volonté apporte un sentiment de satisfaction qui est précisément ce que nous appelons « se sentir libre ».
Cependant...
Hypothèse 2 : Parfois le sentiment de liberté peut être illusoire.
Argument 2 : On peut avoir le même sentiment de satisfaction qui nous fait nous sentir libre tout en réalisant un désir qui est complètement déterminé par des influences qui ne dépendent pas de nous. On peut par exemple se sentir libre en achetant quelque chose, mais notre désir d'acheter cette chose est déterminé par une publicité ou une stratégie de marketing qui a eu de l'effet sur nous. Dans ce sens nous n'agissons pas entièrement par nous-mêmes, mais aussi par l'effet d'une influence extérieure à nous mêmes. Par conséquent il ne suffirait pas toujours de se sentir libre pour l'être.


5) Les enjeux du problème

Dire pourquoi le problème est intéressant à traiter, quelles conséquences il a sur le thème général dont il traite ou sur notre vie.

6) Annonce du plan

Exposer, en une phrase pour chaque partie, comment l'hypothèse directrice permet de répondre à la problématique.


b) Développement :

En deux ou trois parties définies par une hypothèse directrice, et pour chaque partie :

1) Une petite introduction avec (i) une hypothèse directrice et (ii) montrer que cette idée répond à la problématique

2) des sous parties (deux ou trois), avec (i) un argument basé sur une analyse conceptuelle, (ii) un exemple, et (iii) montrer comment cet argument et cet exemple répondent à la problématique

  1. Une transition qui montre les limites de l'idée directrice de la partie


c) Conclusion :

Montrer comment l'argumentation développée dans le devoir permet de répondre à la problématique.




II. Le commentaire de texte


A/ Travail préparatoire

a) Lecture

Il faut lire le texte plusieurs fois, stylo en main, et chercher :
1) le thème général du texte
2) la thèse de l'auteur
3) les concepts utilisés
4) les différentes étapes de l'argumentation
5) La problématique

b) Faire le plan de son explication

Le plan de l'explication suit les différents moments du texte. Chaque partie de l'explication correspond donc à une partie bien définie du texte. Le plan doit montrer la cohérence du texte, il faut donc l'organiser en réponse à la problématique : il montre comment l'auteur s'y prend pour répondre au problème soulevé dans le texte.


B/ Réalisation

Voici une liste non exhaustive de ce dont il faut parler dans le commentaire. Mais attention, le commentaire ne doit pas être morcelé comme cette liste, et il ne doit pas non plus morceler le texte. Au contraire, il doit montrer ce qui fait l'unité du texte en montrant avant tout que le texte est une réponse à un problème.

a) Introduction

  1. Le thème : de quoi parle le texte?
  2. La thèse : quelle position sur le thème est défendue dans le texte?
  3. L'argumentation : comment le texte défend sa thèse
  4. La problématique : le problème auquel le texte répond
  5. Annonce du plan

b) Développement

Le commentaire suit le texte de façon linéaire. Le développement de l'explication suit le développement du texte, c'est pourquoi il faut d'abord repérer les grandes parties du texte. Puis pour chacune d'entre elles :
  1. L'idée directrice de la partie
  2. Analyse des concepts utilisés
  3. Montrer la progression entre les concepts
  4. Le rôle des concepts par rapport à la problématique générale du texte
  5. Le rôle de la partie dans l'économie générale du texte
  6. Expliquer comment on passe d'une partie à une autre

  1. Conclusion

Montrer comment le texte a répondu au problème.

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